Musiciens, dites stop aux douleurs !

Le musicien, un sportif qui s’ignore

Résister à des postures maintenues pendant des heures et des heures en essayant de parvenir à la perfection et en répétant inlassablement les mêmes gestes techniques, relève d’un entraînement sportif de haut niveau.

D’où le parallèle que l’on peut faire entre le musicien et le sportif car tous les deux sollicitent leur corps de manière répétitive. Les positions maintenues pendant des heures provoquent des micro-traumatismes qui peuvent dans certains cas entraîner des pertes de mobilité ainsi que des tensions susceptibles de gêner voire d’empêcher la pratique de l’instrument. On peut voir apparaître de tendinites, des contractures ce qui affecte considérablement les performances du musicien. Il faut ajouter à cela le port de l’instrument (pour certains) ainsi que le stress très présent lors de préparations aux concours, de concert, de « trac » de la scène ...

Mais alors que les sportifs sont bien encadrés par un staff médical plus ou moins complet, le musicien, lui, l’est très rarement…On voit fréquemment des musiciens faire une pause dans leur carrière, le temps pour eux de récupérer de leur blessure…Plus de la moitié des musiciens, amateurs ou professionnels, ont eu un jour, à faire face à des troubles liés à leur pratique instrumentale (douleurs à la main, au poignet, à l’avant-bras, au cou ou au dos).

Une étude réalisée auprès de 4000 musiciens d’orchestre, a démontré que 66% des instrumentalistes à vent, présentaient des problèmes d’ordre musculo-squelettique. Naturellement ces troubles ont pour origine tous les efforts fournis lors de la pratique répétée de l’instrument en lui-même mais ont aussi comme source, d’autres facteurs tel que le positionnement par rapport au pupitre, la place que vous occupez dans l’orchestre, la façon dont vous tenez votre instrument. Autant de contraintes que peuvent engendrer à terme des tensions dans les mains, le cou, le dos, les épaules…ce qui entraînent des blocages qui finissent par altérer la qualité et les performances de votre travail.

Cette constatation m’a incitée à réfléchir à un protocole de soins et à en faire mon sujet de mémoire de fin d’études. De plus, étant moi-même violoniste depuis 20 ans, j’ai pu constater tous ces méfaits sur mon corps ayant souffert à plusieurs reprises de tensions dans le cou et le poignet gauche.

« Le violon et l’archet ont avec le corps un contact d’une telle intimité que toute tension, toute crispation corporelle se ressent immédiatement dans le jeu » Dominique HOPPENOT, Le violon intérieur, accorder son corps, p33.

Prévenir avant de guérir

La plupart des musiciens sous-estime les contraintes mécaniques qu’ils imposent à leur corps (contraintes qui peuvent aller de la simple gêne fonctionnelle à la forte douleur dans de nombreux cas). L’apprentissage musical s’en trouve alors réduit et les performances limitées. La meilleure solution reste la prévention car une blessure même minime risque de s’aggraver et de vous empêcher de jouer plus tard. Pensez à la préparation physique pour éviter les blessures, à vous échauffer et à vous étirez comme le font les sportifs. Instaurez une routine avec des exercices d’assouplissement et apprenez aussi à connaître vos limites et à écouter votre corps. (Une légère prise de poids peut aussi par exemple, exercer une pression supplémentaire sur votre dos).

Les TMS (Troubles Musculo-Squelettiques), quand consulter son ostéopathe ?

  • Torticolis, lombalgie, dorsalgie, cervicalgie, sciatique ...
  • Tendinites (du coude ...)
  • Névralgie cervico brachial (sensation de douleur dans le cou qui descend le long du bras et de la main)
  • Syndrome du canal carpien (gestes répétés du poignet et des doigts)
  • Douleur au coccyx (à l’assise prolongée), douleur costale (douleur augmentée à la respiration)
  • Troubles ORL et vasculaires : maux de tête, migraines, acouphènes ...
  • Troubles du sommeil et du comportement : anxiété, stress, troubles du sommeil, de la concentration ...
  • En prévention : bilan

  • Les troubles spécifiques :

  • Instrumentiste à vent : troubles de la posture, troubles de l’ATM (difficulté dans l’ouverture de la mâchoire, gêne à la mastication, craquements ...), douleur au niveau des doigts ...
  • Violoniste/altiste : douleur à l’ATM (mâchoire), douleur dû aux positions maintenues et à l’asymétrie (cou, dos, épaules ...), douleur au niveau des doigts et du poignet
  • Guitariste : troubles de la posture (dû au port de l’instrument, à la bandoulière), NCB, douleur au niveau des épaules et du cou
  • Batteur : troubles de la posture, lombalgies (dû à l’utilisation de la double pédale)
  • L’intérêt de l’ostéopathie pour les musiciens

    L’ostéopathie va diagnostiquer des zones de blocages articulaires ou musculaires qui entravent le bon fonctionnement du mouvement précis et répété auquel est soumis le musicien à chaque instant. On comprend alors, pourquoi un simple « un grain de sable » peut entraver cette mécanique si majestueuse et si parfaite : ces blocages vont générer localement ou à distances des contraintes que l’ostéopathe va s’attacher à faire disparaître en rétablissant leur mobilité. Cela permettra au musicien d’éviter l’apparition insidieuse de contraintes qui entraînent l’appui au niveau des articulations du dos, des nerfs du poignet, de l’hyper-sollicitation des tendons, favorisent tendinites et autres syndromes.

    Si vous pouvez consulter un ostéopathe lorsque vous commencez à ressentir une gêne ou une douleur, le traitement n’en sera que plus efficace. L’ostéopathe analysera votre posture, en position statique, mais aussi en mouvement. Il vous donnera des conseils pour l’améliorer et vous indiquera comment restaurer un mouvement « normal » en déterminant les zones de votre corps soumises à un « stress » avant l’apparition même de symptômes. Pour que votre consultation soit la plus bénéfique possible, il est recommandé de venir avec votre instrument (si cela est possible). L’analyse de votre posture en mouvement n’en sera que plus complète.

    Connaissant les difficultés que vous pouvez rencontrer, étant musicienne depuis 20 ans et familière de ce milieu, je suis donc à même de bien comprendre vos motifs de consultations et surtout à y répondre.

    En conclusion l’ostéopathe peut agir :

    A titre préventif : dans le suivi de la croissance de l’enfant, avant des répétitions intensives ou un concert éprouvant. Dans l’optimisation des capacités physiques, posturales et de coordinations. Ce sujet a fait l’objet de mon mémoire de fin d’étude.

    A titre curatif : à l’apparition de gênes fonctionnelles, de douleur dans l’activité instrumentales. L’ostéopathie permet de réduire les contraintes mécaniques s’exerçant sur le corps et les articulations afin de libérer le geste et la posture autour de l’instrument.

    Le but étant, avant tout, de permettre aux musiciens de jouer dans les meilleures conditions possibles afin qu’ils puissent jouer au maximum de leurs capacités.

    « L’instrument n’est que le prolongement du corps dans sa globalité » Olivier PARROT, professeur de violon concertiste. Stop au mal du violon, chap 1/4/44, CEFEDEM Rhône Alpes.

    Torticolis

    Près de deux personnes sur trois ont déjà souffert d’un torticolis une fois dans leur vie mais qu’est-ce que c’est au juste ?

    C’est une contracture bénigne des muscles du cou, très handicapante et douloureuse. Ces douleurs de cou, dites cervicalgies, arrivent en dehors de tout contexte traumatique (par exemple une mauvaise position la nuit ou un mouvement brusque). La douleur est vive et la position de la tête est penchée en avant et sur le côté en rotation (attitude vicieuse).

    Gestes à adopter pour soulager

    Prendre de bonnes positions/postures qui créent le moins de douleurs. Néanmoins il faut continuer à bouger la tête même par des mouvements minimes. Ce sont ces petites mobilisations qui vont relâcher progressivement les muscles. Vérifier bien votre literie, bien caler la tête et le cou par un oreiller. Bien couvrir son cou car souvent les courants d’air froid vont favoriser les contractures réflexes. Se détendre si l’on est stressé, cela va relâcher aussi les tensions musculaires. Prendre quelques médicaments pour soulager la douleur, en suivant les conseils de votre pharmacien.

    Si les douleurs sont fortes et vous empêchent de dormir, si elles ne diminuent pas d’ici 2 à 3 jours, si ce torticolis dure plus de 8 jours, si la douleur descend dans le bras, si vous êtes souvent sujet aux torticolis sans raisons apparentes, allez consulter votre médecin.

    Le diagnostic médical est un simple examen orthopédique. Si le torticolis s’aggrave ou si doute médical, dans ce cas le médecin demandera des examens complémentaires (radio) pour adapter le traitement (médicament, collier cervical, séance d’ostéopathie ou de kinésithérapie).

    Moyens de prévention du torticolis :

  • Entretenir la musculature cervicale : 2 à 3 fois/semaine mettre la main sur le front et pousser sa tête contre la résistance de la main pendant 10 secondes puis on relâche. On fait cela 10 fois de suite. Puis après sur la tempe droite puis la tempe gauche. Cela va renforcer l’ensemble de la musculature du cou ;
  • Faire attention à la position de sa tête dans la vie quotidienne : bien régler la hauteur de son écran d’ordinateur au niveau des yeux, être confortablement assis avec la nuque bien droite, dormir à plat dos ou sur le côté pour éviter les contraintes au niveau du cou, et en voiture mettre votre appuie-tête à bonne hauteur.

  • Attention à la position prolongée de la nuque lors de l’utilisation du portable. La tête a tendance à pencher en avant ce qui entraîne des contractures musculaires cervicales récurrentes.

    Et la place de l’ostéopathie dans tout cela ?

    L’ostéopathie va soulager les tensions musculaires du cou à l’aide de massages et de mobilisations cervicales. L’ostéopathe ciblera l’origine du torticolis. Il donnera des conseils adaptés à chacun et des exercices à faire pour éviter les récidives.